Enseigner à l’hôpital, c’est aussi une période de la journée où l’enfant ne pense pas à sa maladie
Enseigner à l’hôpital, Ophélie Rivière n’y était pas préparée. « J’avais appris à gérer une classe; ici, je gère un élève à la fois. » Après trois ans à l’école Lucille-Teasdale comme orthopédagogue au préscolaire et au 1er cycle, cette diplômée de l’UQÀM en adaptation scolaire est entrée à l’hôpital Sainte-Justine en novembre dernier.
« C’est l’expérience la plus enrichissante et la plus formatrice que j’aie vécue! J’apprends sur mon métier, mais aussi sur moi-même. Le but du service scolaire en milieu hospitalier est de scolariser les élèves, mais je constate que c’est aussi une période de la journée où l’enfant ne pense pas à sa maladie. Le temps que l’on passe avec lui, il redevient un élève, et cela lui apporte une certaine normalité. On leur redonne une routine, on vient tous les jours et en fonction de son état, il aura des devoirs, des leçons, afin d’éviter qu’il accumule trop de retard à l’école », confie Ophélie.
De la souplesse et un grand coeur
Tous les matins, Ophélie et ses collègues consultent la liste des admissions et contactent les soins infirmiers des départements. Elle rencontre le personnel et les parents pour bien comprendre la situation de l’enfant et fait le point avec l’école. Si l’enfant doit séjourner plus de deux semaines à l’hôpital, elle prépare un programme particulier. « Depuis que je travaille ici, j’ai enseigné à près de 40 enfants, en voyant 6 ou 7 enfants par jour. »
Pour les enseignants qui aiment l’autonomie professionnelle, le milieu hospitalier est tout indiqué. Il demande de la flexibilité, de la constance, une gestion du temps hors pair et un cœur bien accroché. « Il arrive qu’il y ait des mauvaises journées, des enfants qui ont des diagnostics peu encourageants, qui se battent et qui ne gagnent pas leur combat contre la maladie. C’est le plus difficile. On s’attache à ces enfants et après, on ressent le grand vide de l’absence et l’injustice de la maladie. Mais une grande majorité d’entre eux retourneront à l’école », note Ophélie.
Une vocation
À la fin de sa journée, Ophélie notera les apprentissages effectués pour chacun d’eux, préparera ses heures d’enseignement du lendemain, contactera le parent ou l’enseignant d’un nouvel élève et utilisera le temps qui lui reste pour profiter de sa propre santé. Le 24 décembre dernier, elle est retournée à l’hôpital pour souhaiter un joyeux Noël aux enfants. « Je n’étais pas capable de rester chez moi, il fallait que je sois avec eux », souligne-t-elle. Quand on dit qu’enseigner est une vocation…
