Je m’appelle Labson Lamarre, j’ai 21 ans. Je viens d’Haïti et ça fait 10 ans que je suis au Canada. Mon parcours a été bref, l’école, travail, soccer, mais depuis 2 ans, je me suis approché d’un nouveau loisir : le slam.
C’est nul autre que Grand Corps Malade qui m’a séduit. Lorsque j’ai entendu Parole du bout du monde, mon univers s’est élargi et j’ai eu la chance d’approfondir mon art dans un atelier du centre Anjou.
Depuis ce jour, je débats avec les mots et je laisse mon crayon s’exprimer.
Ce texte sera lu à l’Assemblée nationale par Maka Kotto
La guerre
Le coup d’envoi est donné et c’est parti
Le ballon n’est pas encore en jeu
Mais on peut ressentir la vibration de la foule
Qui se fait sentir
Les guerriers montent sur le champ de bataille
Les clans se regardent et se dévisagent
Leur armée manifeste de l’enthousiasme de la passion de l’émotion
Les belligérants repassent leurs tactiques en mémoire
Défaitistes
Les supporteurs du camp adverse sont insupportables, intenables, intolérables
Même lourds pour les chevaliers visiteurs
Les magnats de chaque bataillon manquent de lexèmes
Pour stimuler leur cortège tombé dans le défaitisme
La victoire est plus lourde que jamais
Les subalternes savent qu’il faut des sacrifices
Pour vaincre l’adversaire
Mais aucun ne souhaite être un appât
Quant aux seigneurs
Ils savent qu’ils doivent se surpasser
Même un surhomme ne suffit pas pour gagner cette guerre
Car ce n’est point un combat comme tous les autres
C’est une bataille d’équipe
Sur un champ de bataille rectangulaire
De 90 à 120 mètres de longueur et de 45 à 90 de largeur
Tout est au rendez-vous pour que le conflit commence
Le traitre, l’ennemi sphérique arrive sur le champ de bataille
Enrobé dans un manteau de cuir rare
Il se croit infatigable même quand on le frappe de toutes nos forces
On ne peut pas jamais lui faire confiance
Tantôt il est dans le camp adverse
Tantôt il est dans le nôtre
Il faut donc le dompter, le surmonter, le surpasser, le dominer
Afin qu’il suive nos ordres
Pourtant il n’est pas méchant, juste indécis
Il est peut-être indécis
Mais on ne peut s’en passer
Car c’est le nombre de ses trahisons
Qui décidera de l’issue de cette guerre
De foot