Bilan du Plan vert
Allocution Mme Diane De Courcy, présidente de la CSDM
Le mercredi 21 avril 2010
Remise des Prix de reconnaissance en environnement
Chers invités, chers partenaires, M. Guilbault, bonjour.
À la CSDM, l’environnement nous tient à cœur. Vous le constatez ce matin, nous pouvons en témoigner. Notre Plan vert a quatre ans. Notre politique verte a 10 ans et l’an prochain, notre Comité central de l’environnement aura 20 ans. Nous savons tous qu’un environnement meilleur favorise la réussite et l’avenir de nos élèves. Pour cela, depuis vingt ans, nous menons de grandes actions – il n’y en a pas de petites, pour améliorer notre environnement, le vôtre, le leur. Chaque geste compte. Pour nous, la protection de l’environnement est d’autant plus importante que nous voulons être des modèles crédibles pour nos élèves. Car poser des gestes écoresponsables, c’est aussi accomplir notre mission éducative.
L’éducation relative à l’environnement fait maintenant partie de la vie des écoles. Nous en faisons une belle démonstration aujourd’hui, alors que nous remettons les prix de reconnaissance. Mais l’éducation à l’environnement a pris racine dans un terreau fertile, auprès de nos jeunes déjà très sensibilisés - à l’instar de nos enseignants, prêts à s’engager et à poser des gestes qui auront un impact à long terme sur la société. Peut-être vous demandez-vous comment se traduit l’éducation à l’environnement à l’école ? C’est un grand projet citoyen.
Ce sont des projets scientifiques quand on invite les élèves à observer la croissance des légumes et des fines herbes d’un potager urbain. Ce sont des projets artistiques lorsque l’on crée à l’aide de matériaux récupérés. C’est un projet d’éducation physique quand on incite les élèves à privilégier le transport actif. L’éducation à l’environnement est partout, pour le bénéfice de tous. Ce sont toutes ces habitudes, ces comportements sociaux, ces choix de consommations qu’il nous faut changer pour façonner le monde.
Aujourd’hui, il est temps de reconnaître les efforts qu’ont déployés les élèves et le personnel de nos écoles. Nous voulons les féliciter, les remercier, reconnaître publiquement leur engagement et leur dire, vous dire : persévérez, parce que chaque geste compte et, grâce à vous, notre environnement est meilleur.
Comme le font nos élèves, la CSDM, en tant qu’institution, pose aussi des gestes significatifs pour réduire son empreinte écologique. Nous faisons des choix institutionnels respectueux de l’environnement et nous invitons toutes les organisations à faire de même. Nous avons tous une responsabilité sociale pour assurer aux élèves et aux générations futures, un avenir serein. Pour atteindre nos objectifs, nous nous sommes dotés du Plan vert, un plan d’action environnemental.
Ce plan - ce guide - nous l’avons assorti de mesures d’évaluation annuelles qui nous ont permis de renforcer des actions déjà posées et de prendre de nouveaux engagements concrets, notamment en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, de gestion des matières résiduelles et de gestion des achats.
Nous sommes très heureux du bilan que nous dressons de ce Plan vert. Permettez-moi de vous donner quelques statistiques qui traduisent en chiffres et en images le résultat de notre travail. D’abord, par ses actions, et c’est notre plus grande fierté, la CSDM dépasse les objectifs du protocole de Kyoto. Oui, depuis 1990, nous avons diminué du tiers notre production de gaz à effet de serre, notamment en réduisant de 64 % notre consommation d’essence. (On ne peut pas en dire autant de tous les gouvernements).
Entre avril et décembre 2009, nous avons détourné 635 tonnes de matériaux des sites d’enfouissement. Imaginez, 635 tonnes, c’est l’équivalent d’enlever de la route 508 voitures de taille moyenne chaque année ! Mieux encore, ces matériaux, nous les avons recyclés. Enfin, depuis 2007, la CSDM fait des investissements majeurs pour rénover ses écoles. Du verdissement des cours d’école à la réfection des toitures pâles, tous les travaux sont faits dans une perspective de développement durable.
Depuis 2005, quelque 250 000 $ ont été investis chaque année seulement pour le réaménagement de cours d’école primaire : 41 projets ont été concrétisés – 30 % de nos écoles primaires, dont plusieurs de ces projets pour lutter contre les îlots de chaleur et pour améliorer la qualité de vie dans les quartiers.
Pour le bénéfice direct des élèves, leur plaisir aussi, la CSDM a installé 695 nouvelles places de rangement des vélos dans 50 écoles et autant d’écoles ont participé au projet Mon école à pied, à vélo! Ce, avec toute l’attention nécessaire à leur sécurité. Nous sommes en milieu urbain : nos écoles sont écocitoyennes.
Toutes ces réalisations s’ajoutent à la somme des actions que nous menons déjà en soutien alimentaire. Je ne vous apprendrai rien de nouveau en vous redisant, encore que «ventre creux n’a pas d’oreilles». Ceux qui me connaissent savent que l’insécurité alimentaire des enfants montréalais et l’une de mes grandes préoccupations. C’est pourquoi nous offrons à nos élèves une alimentation de qualité, que nous subventionnons à même nos budgets – 2,8 millions cette année. Ce, même s’il n’est pas facile pour une organisation de notre taille d’appliquer les principes du développement durable. Lorsqu’arrive le temps de choisir, par exemple, un fournisseur de carottes, nous devons sélectionner le fournisseur capable de nous livrer des carottes de septembre à juin, à un prix économique.
Invariablement, nous nous retrouvons face au dilemme suivant : devons-nous choisir les carottes provenant des États-Unis à bon prix, ou le produit local à un prix plus élevé, parfois même jusqu’à 25 % plus élevé? Devons-nous nourrir les élèves sur une plus grande période ? En nourrir plus ? Ou bien choisir d’augmenter le prix des repas de nos cafétérias? Comme 42 % de nos élèves proviennent d’un milieu défavorisé, vous conviendrez avec moi que le choix est déchirant mais que nous prenons la décision la plus éthique ou… «équitable» : nourrir plus d’élèves. Nous faisons appel au gouvernement pour majorer les enveloppes budgétaires qui doivent servir nos élèves. Pour nous, les coûts environnementaux et sociaux vont de pair.
Cela dit, nos efforts sont tout de même remarquables en ce qui concerne l’achat de denrées alimentaires locales. Au total, 70 % des denrées alimentaires, soit 4,5 millions $, proviennent d’achats locaux et ont une incidence sur la santé et l’environnement de nos élèves. De plus, pour favoriser l’agriculture urbaine et enseigner aux élèves les solutions de développement durable qui sont à leur portée, une vingtaine d’écoles ont mis sur pied des potagers. Certaines écoles cuisinent leurs récoltes ou, même, les partagent avec les organismes de leur quartier. Quelle façon extraordinaire pour les écoles de transmettre des valeurs et des connaissances pratiques et écologiques à nos jeunes et de développer avec eux des principes d’autonomie !
Outre la sécurité alimentaire, la CSDM participent également à des projets concertés de sécurité aux abords des écoles qui ont une incidence directe sur l’environnement. Par exemple: en collaboration avec la Ville de Montréal, Vélo Québec et plusieurs autres organisations, 10 écoles du Grand-Plateau, soutenues par leur comité de quartier, se sont engagées dans un projet qui vise à apaiser la circulation autour des établissements. Dans ces écoles, des comités en transport actif ont été créés et leurs initiatives ont engendré des incidences majeures : le pédibus, les ateliers de mécanique de vélo, les activités familiales de cyclisme et de piétons urbains, l’information aux parents et la campagne de sensibilisation aux usagers de la route.
Je souligne au passage que cette démarche concertée est une autre manifestation de l’étroite collaboration entre chaque école et sa communauté pour améliorer l’environnement de tous. Et la preuve qu’une question de sécurité peut aussi devenir une question environnementale quand les solutions apportées font la promotion du transport actif pour une meilleure santé et un air plus sain.
Nous reviendrons toujours à la base de notre mission : l’éducation. Nous voulons que l’élève dépasse le maître. Aujourd’hui, laissons aux jeunes le pouvoir de nous remettre en question. Ils ne s’en privent pas, et c’est heureux que nous puissions nous laisser influencer. Demain, ce sont eux qui façonneront le monde. Un monde plus vert.
En terminant, comme nous sommes en éducation et qu’en éducation, les modèles sont importants, nous avons cherché un modèle pour les jeunes. Un modèle éloquent, parce que, nous le savons, les adultes en général ne sont pas toujours des modèles à suivre… En environnement, la plupart des gens sont d’ailleurs bien plus bleus que verts ! M. Guilbault, je vous remercie d’incarner ce modèle, et nous sommes très heureux que vous ayez accepté de remettre les Prix en environnement.