Consciente du lien étroit qui existe entre l’alimentation des jeunes et la réussite scolaire, la CSDM demande aujourd’hui que la responsabilité de nourrir les enfants ne revienne plus à elle seule et à ses partenaires communautaires représentés par Le collectif de la table des écoliers. Elle souhaite que la mesure alimentaire actuellement en vigueur soit élargie pour répondre à tous les élèves dans le besoin et que la facture soit répartie entre les divers acteurs du milieu. Chaque année, 15 M$ seraient nécessaires seulement à la CSDM pour s’assurer que tous les élèves défavorisés puissent manger, du moins, les jours d’école.
Cependant, l’argent scolaire ne peut pas être de l’argent alimentaire. « La mesure alimentaire devait être temporaire : elle aura vingt ans en septembre et, chaque année, nous voyons la demande augmenter. Il est de notre devoir de faire réussir les élèves, mais il revient à tous de s’assurer que les élèves puissent apprendre sans avoir faim », a déclaré Diane De Courcy, présidente de la CSDM. En 2010-2011, 48 % des élèves de la CSDM sont issus de milieux défavorisés et susceptibles d’avoir recours aux mesures alimentaires mises sur pied par la Commission scolaire. Toutefois, seulement 18 % reçoivent de l’aide, faute de moyens.
L’ABC de la Mesure alimentaire
La Mesure alimentaire administrée par la Commission scolaire, avec l’aide financière du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), permet à plus de 12 300 élèves d’avoir accès à des repas équilibrés à faible coût (0,50 $). Les élèves sont admissibles à cette mesure selon deux critères : étudier dans une des écoles les plus défavorisées du territoire selon le critère de défavorisation du Comité de gestion de la taxe scolaire de l’île de Montréal et vivre au sein d’une famille disposant d’un faible revenu selon Statistiques Canada.
En plus des 9,2 M$ alloués par le MELS, depuis plusieurs années, la CSDM investit 2,7 M$ supplémentaires pour nourrir ses élèves dans le besoin. Ces sommes versées à la Mesure alimentaire sont soustraites de celles destinées aux autres enveloppes budgétaires, notamment à la pédagogie. Or, le nombre d’élèves qui nécessitent un soutien alimentaire ne cesse d’augmenter et les fonds que reçoit la CSDM ne sont pas majorés en conséquence.
L’éducation à l’alimentation : une solution concertée et prometteuse
En plus du soutien offert grâce à la Mesure alimentaire, la CSDM souhaite implanter dans les écoles et les communautés de plus en plus de solutions durables pour accompagner les élèves et leur famille vers l’autonomie alimentaire. D’ailleurs, la CSDM et ses nombreux partenaires souhaitent la mise en place de cours d’économie familiale actualisés, intégrés ou non au cursus. « L’éducation à l’alimentation est essentielle pour réussir à changer les habitudes alimentaires des élèves et celles de leur famille - facteur premier d’influence chez les jeunes. N’est-ce pas le principe de montrer à pêcher plutôt que d’offrir un poisson? », a rappelé Mme De Courcy. En attendant, plusieurs écoles et partenaires offrent aux élèves et à leurs parents diverses activités comme des ateliers culinaires ou d’agriculture urbaine pour mieux les outiller.
Réussite scolaire, santé et développement social
La présidente de la CSDM et les nombreux partenaires s’entendent pour dire que les bénéfices vont bien au-delà de la réussite scolaire : « Il s’agit d’un enjeu majeur, autant au niveau de la réussite scolaire que de la santé de nos jeunes et du développement social », a expliqué Mme De Courcy. Les bienfaits d’une bonne alimentation sur la santé sont bien connus, mais il faut également comprendre que les nombreux organismes communautaires qui, chaque jour, préparent et servent les repas aux élèves sont de véritables entreprises d’économie sociale puisque, par exemple, ils engagent du personnel en réinsertion sociale : une mission louable, certes, mais fondamentale pour un meilleur développement social.
Enfin, la CSDM et ses partenaires dont Le collectif de la table des écoliers partagent une même vision d’avenir. « Comme le font plusieurs pays, notamment la Finlande, il nous serait possible d’offrir un repas chaque jour, à chaque élève, défavorisé ou non. Ce service alimentaire pour tous doit devenir un projet de société nous permettant, en premier lieu, d’assurer à tous les jeunes une meilleure alimentation, une meilleure santé et de meilleures chances de réussite, et, en second lieu, d’éviter la stigmatisation des jeunes qui bénéficient du soutien alimentaire », ajoute Mme De Courcy. Par ailleurs, l’analyse des programmes alimentaires de différents pays démontre que la majorité des budgets nécessaires pour financer les programmes en alimentation proviennent d’instances municipales ou gouvernementales autres que le système scolaire.
C’est pourquoi la CSDM interpelle tous les paliers de gouvernement, s’associe et travaille avec Le collectif de la table des écoliers : la faim des enfants, il faut en voir la fin.
Rappelons qu’avec ses 200 établissements et ses 16 000 employés, la Commission scolaire de Montréal est le plus grand réseau d’écoles publiques du Québec. Entre autres responsabilités, elle organise les services éducatifs pour 100 000 élèves, elle gère les ressources humaines, financières et matérielles, elle coordonne le transport scolaire, les services de garde et les relations avec la communauté.