2010

L’intégration des élèves HDAA : les commissions scolaires répondent oui, mais…21 octobre 2010

En prévision de la première rencontre des partenaires en éducation du 25 octobre sur l'intégration des élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA) organisée par la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, les trois commissions scolaires francophones de l’île de Montréal et celle de Laval ont fait connaître aujourd’hui leurs recommandations lors d’une conférence de presse conjointe, en présence de partenaires, dont la présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), Mme Josée Bouchard.

Les particularités du milieu urbain de Montréal et de Laval, qui se distingue par le nombre important d’élèves en difficulté, par la défavorisation économique et sociale de même que par l’immigration, ont été expliquées par Louise Lortie, présidente de la Commission scolaire de Laval (CSDL), Diane De Courcy, présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), Vincent Arciresi, président de la Commission scolaire de la Pointe-de-l’île (CSPÎ), et Diane Lamarche-Venne, présidente de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB). 

Des recommandations montréalaises

Les équipes des quatre commissions scolaires se sont mobilisées pour soumettre les éléments suivants à la ministre, le 25 octobre prochain :

  1. La concentration de facteurs de vulnérabilité dans la grande région montréalaise. Si d’autres milieux présentent la même concentration, ils doivent être reconnus également.
  2. L’approche inclusive soutenue par l’actuelle Politique de l’adaptation scolaire nationale est un idéal très difficilement atteignable dans la grande région montréalaise, compte tenu des conditions actuelles et de la concentration de facteurs de vulnérabilité.
  3. Différentes manières d’offrir des services aux enfants vulnérables en milieu urbain. Il y a une limite à l’intégration dans les conditions actuelles.
  4. La possibilité pour la grande région de Montréal d’assouplir la composition des groupes d’élèves par des ententes spécifiques avec le MELS, les syndicats d’enseignants et les autres partenaires.
  5. La mise en place de classes de maternelles pour les enfants de 4 ans, à temps plein ou à mi-temps et à fréquentation volontaire, sur l’ensemble du territoire. Le soutien de projets communautaires de stimulation des enfants de 4 ans, en partenariat avec l’école.
  6. Des services et un dépistage précoce des difficultés auprès des  enfants de 4 ans et de 5 ans en CPE, en garderie ou à l’école.
  7. La diminution du nombre d’élèves en classe d’accueil, et le soutien de ces élèves et leurs parents au moment du passage en classe ordinaire.
  8. Le fait de reconnaître que les élèves en classe d’accueil peuvent avoir des difficultés liées aux apprentissages indépendamment de la barrière de la langue et rendre les services disponibles.
  9. Le soutien au personnel scolaire et au personnel du réseau de la santé concernant les plans d’intervention adaptés (PIA).

Les recommandations des commissions scolaires ont reçu l’appui du président de l’Association des directeurs généraux des commissions scolaires (ADIGECS), M. Serge Pelletier, représenté par M. Gilles Petitclerc, des présidences de leur association de directions d’établissement, dont celle de M. Gaétan Nault, de l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire (AMDES), de Mme Lise Chevrier-Doucet de l’Association des cadres scolaires du Québec, section Montréal, et M. Jacques Ledoux, section CSMB, de M. Carl Vézina, de l’Association des cadres des établissements de l’Ouest de Montréal (ACEOM), de plusieurs syndicats et de comités de parents.

Des enjeux québécois

Tout en soulignant la problématique de la région de Montréal et de Laval, on ne peut ignorer de grands enjeux liés à l’intégration des élèves HDAA que vivent toutes les autres commissions scolaires du Québec, notamment : la non-reconnaissance des multihandicaps et l’absence de leur financement; le non-arrimage des diagnostics et l’incompatibilité des prescriptions de services du réseau de la santé par rapport à la réalité scolaire ainsi que la reconnaissance des handicaps par le MELS; la non-reconnaissance des EDAA en services de garde; et la baisse non complétée des rapports élèves-enseignant au secondaire.

Le mandat de l’école publique

L’école publique doit être en mesure de répondre aux besoins de tous les enfants. Dans les faits, les commissions scolaires de Montréal et de Laval allouent au service des enfants vulnérables plus de fonds qu’elles n’en reçoivent. Elles doivent donc exercer des choix, un véritable dilemme qui a des conséquences sur l’ensemble des élèves, sur le travail de tous les enseignants, des professionnels et des administrateurs, et sur la vie de tous les parents et des enfants.

L’école publique est-elle encore en mesure de répondre aux besoins de tous les enfants? Les trois commissions scolaires francophones de Montréal et celle de Laval répondent oui, mais… certaines conditions doivent être présentes pour qu’elles puissent le faire correctement. En apportant aujourd’hui leur contribution, les commissions scolaires offrent toute leur collaboration. Mais, elles ont besoin de l’appui de tous pour remplir ce mandat confié uniquement à l’école publique : faire réussir tous les élèves, en toute équité.

 

Rappelons que les trois commissions scolaires francophones de l’Île de Montréal et celle de Laval desservent quelque 228 000 élèves répartis dans 426 établissements, grâce au travail de près de 31 000 employés, dont près de 14 200 enseignants.