Lors de son passage à la commission parlementaire, par l'entremise de sa présidente, Diane De Courcy, la Commission scolaire de Montréal (CSDM) a demandé au gouvernement du Québec de retirer le projet de loi 103 et d’utiliser la disposition de dérogation prévue à la Charte canadienne des droits et libertés.
« Pourquoi permettre l’achat d’un droit à une minorité socio-économique? Ceci envoie le message aux immigrants que le français est un choix de second ordre et que, au Québec, l’anglais est réservé aux mieux nantis » déclare la présidente de la CSDM. « À la CSDM, tous les jours, nous rencontrons des immigrants dont l’anglais est déjà leur seconde langue mais qui, malgré tout, apprennent le français, la langue de la majorité, par respect pour la société qui les accueille. Avec le projet de loi 103, nous leur transmettons le message que s’ils sont fortunés, ils n’ont pas besoin de s’intégrer à la société québécoise ».
Pourtant, nous le savons, l’école est la porte d’entrée de notre culture pour les élèves, mais aussi pour leurs parents. L’expertise de la CSDM n’est plus à démontrer en matière d’intégration des enfants et des adultes allophones. Montréal accueille plus de 72 % des immigrants en provenance des cinq continents. Plus de 50 % des élèves de la CSDM ont une langue maternelle autre que le français, proviennent de 178 pays et parlent plus de 130 langues. « Nous sommes particulièrement bien placés pour voir tous les efforts que font les immigrants pour apprendre le français et la richesse que cela apporte à notre société. C’est notre quotidien », mentionne Mme De Courcy.
Quant à l’argument de l’image du Québec à l’étranger qui pourrait être entachée si le gouvernement utilisait la clause dérogatoire, il est pertinent de rappeler que le recours à cette clause a été nécessaire en 1998 lors de la mise en place des commissions scolaires linguistiques. Pourtant, aucune voix de la communauté internationale ne s’est élevée à la défense des droits des enfants et de leurs parents.
« Le projet de loi 103 n’est pas une option acceptable puisqu’il ne ferme pas la porte aux écoles passerelles. Il ne fait que rendre le processus un peu plus long et un peu plus onéreux, mais il sera toujours possible de s’acheter ce droit. » Dominique Cousineau : commissaire de Parc-Extension-Villeray
« Pour moi, c’est naturel que les immigrants fréquentent l’école francophone en arrivant au Québec, c’est la langue officielle, la langue de la majorité. Si j’émigrais en Italie, je souhaiterais que mes enfants apprennent l’italien. Pourquoi serait-ce différent au Québec? Il faut à tout prix protéger le français au Québec, le plus grand bastion de la francophonie en Amérique du Nord! » Khokon Maniruzzaman : commissaire de Côte-des-Neiges - Snowdon
Rappelons qu’avec ses 200 établissements et ses 16 000 employés, la Commission scolaire de Montréal est le plus grand réseau d’écoles publiques du Québec. Entre autres responsabilités, elle organise les services éducatifs pour 100 000 élèves, elle gère les ressources humaines, financières et matérielles, elle coordonne le transport scolaire, les services de garde et les relations avec la communauté.